Archives mensuelles : octobre 2011

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Magali Guénot

Les représentations de l’Ascension du Christ mettent l’accent sur deux phénomènes lumineux, l’un manifestant la participation de Dieu, le second traduisant la lumière divine émanant du Christ, alors que le texte biblique fondamental fournit peu d’indications sur de telles manifestations. Pour leur part, les récits de pèlerinage font état de nombreuses sources lumineuses naturelles (des orages dans le ciel) comme artificielles (des bougies dans l’église de l’Ascension que les pèlerins voient scintiller depuis Jérusalem). De même, certains commentaires exégétiques insistent sur la lumière émanant du Christ ou des anges l’accompagnant, baignant la scène d’une ambiance lumineuse.
Les images s’emparent de ces différentes sources lumineuses, qui ont une finalité différente. Le caractère théophanique, présent dans le texte biblique de référence (Ac 1, 8 ) à travers la mention de nuées, met l’accent sur le lien privilégié unissant le Christ à son Père. La lumière transcendantale –
induite par la mandorle entourant le Christ – s’inscrit dans une perspective christologique, l’Ascension révélant à tous la double nature du Christ. Nous verrons de quelle manière l’interprétation de l’épisode varie en fonction de ce que l’image choisit d’intégrer comme source lumineuse et de la manière dont elle la figure.

Biobibliographie
Terminant une thèse en iconographie médiévale à l’Université Lumière Lyon 2 sur les représentations de l’Ascension du Christ dans l’Occident médiéval entre le IXe et le XIIIe siècle, elle a participé à de nombreux colloques en France et à l’étranger dont certains ont fait l’objet de parutions.
La thèse entreprise lui permet aussi d’expérimenter un nouveau type de statistique : l’analyse statistique implicative, ayant déjà donné lieu à deux publications.
Elle appartient également à une Action Commune de Recherche portant sur la morphogénèse de l’espace ecclésial.

Publications
2009 – Nicolas Reveyron dir., Hugues de Semur, lumières clunisiennes, catalogue de l’exposition tenue à Paray-le-Monial, juillet-octobre 2009, Péronnas, Doyen éd.,188p.
« Iconographie médiévale en histoire de l’art et Analyse Statistique Applicative », en collaboration avec Jean-Claude Régnier, dans Régis Gras dir., Analyse Statistique Implicative. Une méthode d’analyse de données pour la recherche de causalités, Toulouse, Cépaduès, p.471-492

Actes de colloque
2010 – « De la statique à la dynamique : le fidèle face aux programmes
iconographiques », dans Anne Baud dir., Espace ecclésial et liturgie au Moyen Age, actes du colloque tenu à Nantua du 23 au 25 novembre 2006, Lyon, MOM_Jean Pouilloux (coll. Travaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerrannée 53), p.199-208
2011 – « L’histoire de l’art à l’épreuve de l’Analyse Statistique Implicative », Actes du 5ème colloque international de l’Analyse Statistique Implicative tenu à Palerme, 5-7 novembre 2010.

Jean-Paul Deremble

La mise en image médiévale de l’Annonciation se concrétise par un trait de lumière qui souvent passe à travers une fenêtre vitrée ou de façon plus générale se diffuse dans un espace intermédiaire. La colombe peut accompagner  cette trace de lumière comme pour renforcer sa dimension spirituelle, mais la volonté de traduire la transcendance de l’incarnation passe surtout par la métaphorisation d’une lumière matérielle en lumière immatérielle. Le contact de la matière (le verre par exemple) et de l’Esprit trouve dans la lumière sa plénitude et dévoile déjà l’autre contact de la chair et de l’Esprit. Il s’agit d’un passage à travers, d’une traversée qui ne provoque pas de brisure : c’est la magie du verre de laisser passer les rayons du soleil sans être détruit, mais c’est surtout la magie de la lumière d’exprimer, suivant les théories néoplatoniciennes, un enveloppement total de tout ce qu’elle touche. Ainsi la divinité rejoint-elle l’humanité sur le mode d’une participation, d’une habitation à la manière d’une verrière source de clarté infusante. Dans la lumière c’est tout le mystère divin qui s’exprime et par la lumière c’est tout le mystère de la divinisation qui se réalise.
La théorie de l’illumination, héritée de Plotin, du Pseudo-Denys, de Maxime le Confesseur…  et chère aux mystiques du Moyen Âge, trouve dans le vitrail sa manifestation la plus évidente. Dans l’espace saisi par la lumière, tout devient lumineux dans un mouvement d’anaphore qui porte ce qui était obscur et matériel à l’état de lumière incarnée.

Mots-clefs
Lumière – vitrail – illumination – néoplatonisme

Présentation
Maître de conférences en Histoire de l’art, Université de Lille 3,
Recherches sur l’iconographie médiévale dans son rapport à la théologie et à la philosophie. Modalités du langage visuel médiéval, études des dispositions spatiales de la mise en images des objets et des architectures.

Biobibliographie
– L’art du récit dans les vitraux légendaires de Chartres, Paris, Le Léopard d’or, 1988.
Colloque IRHIS,  Pourquoi les sceaux ? La sigillographie, nouvel enjeu de l’histoire de l’art, Lille 23-25 octobre 2008, « Le sceau comme métaphore de la typologie médiévale », à paraître 2011.
– Colloque Bucarest : Matérialités et immatérialités de l’église au Moyen Age,  Université de Lille 3- Université de Bucarest 2010, « Penser l’articulation des contraires avec Plotin, une clé de l’église médiévale entre terre et ciel. » à paraître, 2012.

Jean-François Lagier

Le XXe siècle a été le siècle de l’innovation dans le domaine de la fabrication du verre et de sa mise en oeuvre dans l’architecture.  L’introduction dans le monde du vitrail des nouvelles techniques verrières s’est accompagnée d’un accueil d’artistes dont la démarche globale apportait une réelle contribution à la recherche de nouvelles sources d’inspiration.
Le vitrail s’est largement ouvert à ces techniques modernes du verre, collages, thermoformages, émaillages et peintures, qui lui ont permis de renouveler les moyens d’expression des artistes. L’essor de la commande publique en France a également soutenu cette évolution en donnant à de nombreux artistes les moyens de réaliser des chantiers spectaculaires.
Sollicité dans le cadre de commandes publiques, l’artiste va prendre en compte les intentions du maître d’ouvrage et se mettre au service des bâtiments, au service de la lumière. Il a pour mission de recueillir cette lumière, de lui donner une forme, de calibrer sa diffusion à travers la couleur en y apportant son génie propre. L’ordonnance et la composition, soumises aux caractéristiques de l’édifice, obligent chaque créateur à s’imprégner de « l’esprit du lieu » et à le traduire dans le matériau, lequel provoque une expérience unique avec la lumière.
La tradition de ferveur spirituelle qui habite les édifices sacrés appelle au dialogue avec une pensée même non religieuse. Pour ces hauts lieux du patrimoine architectural, le vitrail et sa lumière, que ce soit sous l’angle de projets de création ou de la restauration des oeuvres historiques,  s’imposent comme signe contemporain pénétrant, soulignant les liens  essentiels entre le monument et ses fonctions cultuelles, ou simplement  culturelles, lorsqu’il n’abrite plus la prière. Le vitrail contribue à  revivifier l’édifice, favorise l’expression de valeurs communes pour une  assemblée en quête de lieux de partage et de sens à travers une expérience  esthétique de l’ordre du ravissement.

Geneviève Bührer-Thierry

Depuis les Pères de l’Eglise, la lumière du candélabre « qui illumine tous ceux qui demeurent dans la maison » (Matth, 5, 15) désigne avant tout le Christ, puis les apôtres et leurs successeurs, les évêques. Le Christ est la lumière donnée aux hommes pour les conduire hors des ténèbres, mais l’exégèse développe toujours davantage l’idée que cette lumière désigne aussi la parole du prédicateur qui fait rayonner la doctrine comme une « lumière invisible ». A partir de textes exégétiques, hagiographiques mais aussi historiographiques et poétiques du haut Moyen Age, on montrera que ce n’est plus seulement l’évêque mais aussi le roi qui doit endosser la mission de faire rayonner la lumière, tant la lumière invisible de la prédication que la lumière matérielle des lampes qui brillent dans l’église par des donations spécifiques en faveur du luminaire et on explorera la construction symbolique reliant la parole à la lumière.

Abstract
Visible Light, Invisible Light : Luminary and Preaching in the Early Medieval Church

Since the Church Fathers, the light of the lamp “that gives light to everyone in the house” (Matth. 5, 15) specifies first of all Jesus Christ, then the Apostles and their successors, the bishops. Christ is the light given to humanity to lead it out of the darkness, but the exegesis develops more and more the theory of light as the words of the preacher who spreads the doctrine like an “invisible light”. Making use of exegetic, hagiographic but also historiographic and poetic texts of the Early Middle Ages, it will be demonstrated that it’s not only the bishop but also the king who must assume the mission of spreading the light, the invisible light of preaching as well as the visible light of lamps shining through the church by means of specific donations for the luminary. The symbolic construction between light and speech will be explored.

 Mots-clefs
luminaire, prédication, évêque, exégèse, royauté, hagiographie

Keywords
luminary, preaching, bishop, exegesis, kingship, hagiography

Biobliographie
Ancienne élève de l’ENS Saint-Cloud et agrégée d’Histoire, Geneviève Bührer-Thierry est professeur d’Histoire du Moyen Âge à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, directrice du laboratoire de recherches « Analyse Comparée des Pouvoirs » (EA 3350) et co-directrice de la publication de la revue Médiévales (PUV). Spécialiste du monde franc et germanique du haut Moyen Âge, ses recherches portent sur la symbolique du pouvoir royal et épiscopal, sur l’expansion politique du monde franc vers les mondes germanique et slave et les processus culturels qui en découlent, ainsi que sur le rôle des femmes dans les sociétés du haut Moyen Âge. Elle dirige actuellement, avec le professeur Steffen Patzold à l’université de Tübingen, le projet ANR franco-allemand TERRITORIUM qui porte sur la construction des territoires politiques en France et en Germanie entre le IXe et le XIe siècles. Elle a notamment publié :

Evêques et pouvoir dans le royaume de Germanie. Les Églises de Bavière et de Souabe (876-973), Paris, Picard, 1996.
« Lumière et pouvoir dans le Haut Moyen Âge occidental : célébration du pouvoir et métaphores lumineuses », Mélanges de l’Ecole Française de Rome, Moyen Age, 116/2, 2004, p. 521-556.
« Histoire épiscopale, construction d’églises et liturgie : défense et illustration de l’Église d’Eichstätt », in : Fr. Bougard et M. Sot (éd.), Liber, gesta, histoire : écrire l’histoire des évêques et des papes, de l’Antiquité au XXIe siècle, (Actes du colloque d’Auxerre, juin 2007), Turnhout, Brepols, 2009, p. 315-327.

Arturo Carlo Quintavalle

Les routes du pèlerinage sont un moyen pour faire un récit, le récit du voyage dans les images. Mais la lumière est toujours une part importante du compte rendu des images, et c’est la lumière pendant la nuit qui caractérise toujours la crypte ou celle de l’église supérieure après le coucher du soleil. Mais il y a aussi un autre lumière, celle du jour, qui est la lumière dont les sources ne parlent pas, la lumière du jour avec l’évidence de la couleur des sculptures mais aussi, beaucoup de fois, des fresque ou des mosaïques ou des tapisseries sur le murs. Le deux lumières ont une signification différente aussi dans le récit des sources et un fonction différente dans le récit  à l’extérieur et à l’intérieur des églises.

The light in the texts and in the images on the pilgrimage roads
The pilgrimage roads of the middle age are the medium to create the meaning of the travel trough the images. The light is always important in the narration of the images it is the light during the night of the crypt but also the light of the night of the churches after the sunset. But there is also one other light, the light of the sun, but of this light you never find memories in the contemporary sources on the middle age but this light put in evidence the colours of the sculptures, of the paintings and tapestries on the walls, of the mosaic on the floor. The two lights have a different meaning also in the tradition of the texts and give a different meaning to the interior and the exterior of the churches.