Cécile Treffort

La thématique de la lumière, ancienne et multiforme, est omniprésente dans la liturgie funéraire. Le thème récurrent de la lux perpetua, inspirée du livre apocryphe d’Esdras (IV Esdr 2, 34-35), imprègne ainsi l’ensemble des textes médiévaux. Complétée par diverses images néotestamentaires, du Christ Vraie Lumière qui illumine chaque homme (Jn 1, 9) aux fidèles Fils de la Lumière (1 Thess. 5, 5), elle s’inscrit dans une perspective eschatologique aussi riche que complexe.
Les objets donnant corps à cette lumière revêtent également une nette dimension biblique : « C’est toi, ma lampe, Seigneur », dit le Psalmiste (Ps 17, 29) quand la parabole des Vierges folles et des vierges sages (Mt 25, 1-13) donne à la lampe, et à l’huile qui en nourrit le feu, un rôle fondamental dans l’accès à la béatitude éternelle. S’inspirant de cette tradition suggestive, les hommes du Moyen Age n’ont pas hésité, dans certaines régiones, à ériger de monumentales « lanternes des morts » pour veiller sur les corps ensevelis dans les cimetières près des églises.
Il est plus difficile de cerner l’usage de luminaires individuels sur les tombeaux ; au détour d’un poème, d’un récit de miracle, d’une décision conciliaire, se dessine pourtant une pratique médiévale séculaire, celle de disposer devant, sur ou au-dessus du sépulcre une lampe destinée à brûler de manière plus ou moins continue. Parfaitement perceptible en ce qui concerne les tombeaux des saints, cette pratique semble également concerner certains défunts privilégiés, les intégrant dans le  dispositif lumineux plus général de l’église et leur offrant ainsi une sorte de chemin de lumière vers la félicité éternelle.

Mots-clefs
Lux perpetua, rites funéraires, lanterne des morts

Biobliographie
C. Treffort, « Les lanternes des morts : une lumière protectrice ? À propos d’un passage du De miraculis de Pierre le Vénérable »,  dans Cahiers de recherche médiévale, n° 8, 2001, n° spécial La protection spirituelle au Moyen Age), p. 143-169. Disponible sur Revues.org (http://crm.revues.org/index393.html).

C. Treffort, « Une lumière pour les morts, ou De l’usage funéraire de quelques lanternes carolingiennes (Le témoignage des Carmina Centulensia) », dans PRIS-MA. Recherches sur la littérature d’imagination au Moyen Âge, t. XVIII/1 et 2, 2002, n° 35-36, n° spécial Essais sur la lumière, III/IV, p. 155-168.

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