Jean-Paul Deremble

La mise en image médiévale de l’Annonciation se concrétise par un trait de lumière qui souvent passe à travers une fenêtre vitrée ou de façon plus générale se diffuse dans un espace intermédiaire. La colombe peut accompagner  cette trace de lumière comme pour renforcer sa dimension spirituelle, mais la volonté de traduire la transcendance de l’incarnation passe surtout par la métaphorisation d’une lumière matérielle en lumière immatérielle. Le contact de la matière (le verre par exemple) et de l’Esprit trouve dans la lumière sa plénitude et dévoile déjà l’autre contact de la chair et de l’Esprit. Il s’agit d’un passage à travers, d’une traversée qui ne provoque pas de brisure : c’est la magie du verre de laisser passer les rayons du soleil sans être détruit, mais c’est surtout la magie de la lumière d’exprimer, suivant les théories néoplatoniciennes, un enveloppement total de tout ce qu’elle touche. Ainsi la divinité rejoint-elle l’humanité sur le mode d’une participation, d’une habitation à la manière d’une verrière source de clarté infusante. Dans la lumière c’est tout le mystère divin qui s’exprime et par la lumière c’est tout le mystère de la divinisation qui se réalise.
La théorie de l’illumination, héritée de Plotin, du Pseudo-Denys, de Maxime le Confesseur…  et chère aux mystiques du Moyen Âge, trouve dans le vitrail sa manifestation la plus évidente. Dans l’espace saisi par la lumière, tout devient lumineux dans un mouvement d’anaphore qui porte ce qui était obscur et matériel à l’état de lumière incarnée.

Mots-clefs
Lumière – vitrail – illumination – néoplatonisme

Présentation
Maître de conférences en Histoire de l’art, Université de Lille 3,
Recherches sur l’iconographie médiévale dans son rapport à la théologie et à la philosophie. Modalités du langage visuel médiéval, études des dispositions spatiales de la mise en images des objets et des architectures.

Biobibliographie
– L’art du récit dans les vitraux légendaires de Chartres, Paris, Le Léopard d’or, 1988.
Colloque IRHIS,  Pourquoi les sceaux ? La sigillographie, nouvel enjeu de l’histoire de l’art, Lille 23-25 octobre 2008, « Le sceau comme métaphore de la typologie médiévale », à paraître 2011.
– Colloque Bucarest : Matérialités et immatérialités de l’église au Moyen Age,  Université de Lille 3- Université de Bucarest 2010, « Penser l’articulation des contraires avec Plotin, une clé de l’église médiévale entre terre et ciel. » à paraître, 2012.

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